2 mois que tu es parti mon fils et en écrivant ce soir,  je suis à Tana là où nous avons emmené ton corps pour la dernière fois.

A cette époque là, j’étais dans ce même lit sauf qu’à côté il y avais ton petit corps sans vie enfermé dans cette boite en bois, nommée cercueil. La première veillée du jeudi, il n’y avait qu’une partie de la famille, toujours les mêmes têtes qui nous accompagnaient à chaque fois. Et ce soir là je me souvenais particulièrement que parmi mes 3 tantes qui étaient présentes, 2 avaient perdu des fils. Ce n’était pas un hasard à mon avis.

Mon Yohann tu me manques tant et malgré tout j’essaie d’avancer. Ton père et moi essayons de tenir bon et de se soutenir malgré les calomnies qui ne cessent de fuser de tous les côtés. Et nous nous sommes rendus compte que finalement nous n’étions que tous les 2 face à ton départ. Bizarre de refaire une vie à deux, en couple, après des mois passés avec toi.

Je crois que c’est la première fois depuis quelques années que nous nous sommes retrouvés seul tous les 2 en  simultanés, loin l’un de l’autre. Et on se rend compte que le vie continue… je culpabilise dès fois de moins penser à ta présence. Et pourtant il suffit d’un rien pour que je craque et que les larmes me montent aux yeux.

On me dit que je n’assume pas ta perte.. mais assumer c’est quoi? Si quelqu’un daigne bien me répondre à ce sujet en me disant ce que cela veut dire exactement.. est-ce vraiment différent de ce que je fais chaque jour qui survient? s’il y en a qui ont une réponse, je suis prête à écouter.

En attendant, je suis bien et je continue à être à peu près la même… enfin pas tout à fait car j’ai appris à trier et à ne garder que l’essentiel.

Je n’arrête pas de dire que j’ai hâte de te revoir et c’est la vérité. Tu ne pourras plus revenir et c’est moi qui te rejoindrai un jour, mais je prie pour ça arrive vite. Ce n’est certainement pas à moi de décider et j’accepterai les choses comme elles devront se faire, selon ce que Dieu décidera.