Ma compréhension de l’Amour

Ma compréhension de l’Amour

Il y a des jours comme aujourd’hui où on se réveille et tout de suite on sent que quelques choses de bien de de merveilleux arrivera. Une étape de plus à franchir dans la compréhension de ce qu’est la vie et le pourquoi de tout ce qui arrive autour de nous.
Il est clair que depuis la mort de Yohann, je n’aborde plus les questions de la vie et la mort de la même manière et j’en suis contente d’ailleurs car sinon toute son existence aurait été vaine. Nous ne cesserons jamais de le dire et de le crier haut et fort, notre Yohann nous a apporter le plus beau message qui existe sur cette terre, et même dans l’univers entière : l’AMOUR. Alors aujourd’hui la compréhension de cet Amour m’a changé et m’a fortifié.

Encore maintenant, les flèches empoisonnées pleine de haine et de jugement à notre égard se font ressentir. Beaucoup de gens n’ont pas compris et ne veulent pas comprendre la façon dont moi et JC avons géré le départ de Yohann. Et même encore des mois plus tard retournant dans mon pays, les échos se font encore entendre. Que voulez vous, y en a qui ne cesseront jamais de critiquer les autres quoiqu’on fasse.

Mais après tout, qu’en avons nous a faire de cela, nous leur accordons l’importance qu’on veut bien leur donner. Alors aujourd’hui ma compréhension de l’amour me fait dire une chose importante pour moi d’abord, ensuite pour les autres : je choisis de les pardonner.

Oui le pardon est une puissance libératrice, qui a un pouvoir de guérison. J’en avais tellement entendu sur moi et la façon dont je gérais le départ de mon fils que ça me détruisais et me bouffais toute mon énergie. Aujourd’hui je décide que tout cela ne m’affectera plus et n’aura plus aucun pouvoir sur moi.

Et finalement je sais qu’il n’y a que les forts qui peuvent aimer de cette façon car l’amour est acte délibéré. Ce n’est pas qu’un sentiment, c’est avant tout un comportement et des actes. Alors pour ma part je prierai pour ceux qui ne m’ont pas compris, je les pardonne.

 

Après tout je ne fais que suivre mon maître. 🙂 Qu’importe qu’on me traite de fanatique ou de folle de Dieu… J’assume ce que je suis et je le vis pleinement. Mes amis m’accepteront tel que je suis, les autres c’est pas grave. Le monde ne cessera pas de tourner pour autant.
Encore une fois à travers sa petite et courte vie, non moins intense, mon fils m’a montré un chemin clair, limpide et juste. Il m’aura ouvert les yeux sur beaucoup de choses et je choisis de les voir. Certes nous pourrions aussi nous attarder sur les questions d’injustices, de malheur, de souffrance mais ce qu’il faudrait se poser comme question c’est pourquoi nous nous attarderions sur ces aspects là plutôt que de voir l’amour et la lumière.
Je n’ai pas de leçon à donner à qui que ce soit , chacun répondra s’il en a envie et s’il n’en a pas envie c’est pareil. Je partage, et recevront ceux qui peuvent et veulent le recevoir.

Vidéo prise le 07 octobre 2011 à l’hôpital des enfants Saint Denis

1Tes 4: 13 « Frères, nous désirons que vous connaissiez la vérité au sujet de ceux qui sont morts, afin que vous ne soyez pas tristes comme les autres, ceux qui n’ont pas d’espérance. Nous croyons que Jésus est mort et qu’il s’est relevé de la mort ; de même, nous croyons aussi que Dieu relèvera avec Jésus ceux qui seront morts en croyant en lui. »

 

Tu aurais eu 2 ans mon fils.

Il ya 2 ans de cela, mon petit garçon, je te tenais pour la première fois dans mes bras.
Je ne voulais plus te lâcher, plus rien ne comptais. Je savais qu’il fallait absolument que je te protèges, de tout, de n’importe qui et de n’importe quoi.
Un sentiment de peur, d’amour et de responsabilité m’envahissait mais en même temps un désir profond de communiquer avec toi.
Tu me manques terriblement mon fils.
Tu aurais eu 2 ans aujourd’hui et tout ce que j’ai pu te faire comme cadeau c’est une petite gerbe de fleur sur ce tombeau qui renferme à jamais ton corps. Je sais que tu n’es plus là dedans mais n’empêche, cela me fait terriblement mal de ne plus t’avoir, de ne plus te sentir.
Oh mon petit bébé, tant de choses se sont passées depuis ton départ mais une seule est restée la même, mon amour pour toi.
Tu es à jamais dans mon cœur et je ne peux même pas encore imaginer  en ce moment porter un autre enfant que toi. Ni même penser re-donner la vie. Oui personne ne peut le comprendre ça et je ne leur en veux pas, c’est comme ça c’est tout.

 

Alors ce soir, je repenserai à toi comme chaque soir avant de m’endormir et demain matin ce sera pareil à mon reveil.
Et je sais que le restant de mes jours sera ainsi…

 

notre photo prise le 25-09-2010 à 20h13

 

Faire son deuil???

Nous sommes le 6-6-2012. Et comme à chaque fois cette date signifie beaucoup pour moi car dans un de mes anciens post je le mentionnais comme étant la date fatidique de la fin de tous nos calvaires. À l’époque je le pensais dans le sens où Yohann serait complètement guéri miraculeusement. Je ne sais pas pourquoi je l’avais choisi mais c’est comme ça. Dès fois on fait des choses qui nous tiennent à cœur sans forcément pouvoir expliquer le pourquoi du comment.

Ça faisait plusieurs jours que je pensais écrire à nouveau mais je ne savais pas quoi dire, je me tâtais. Je regardais autour de moi mais pas inspirée et pas envie de partager. Alors ce soir seulement je viens de comprendre qu’il fallait un temps, comme d’habitude, pour que ça murisse dans ma tête.

Il y a une semaine j’ai posé la question à une amie (médecin) proche ce que veut dire réellement « faire son deuil ». Alors elle m’a répondu que souvent on confond ce mot avec oublier et effacer mais cela n’a rien a avoir. En fait, c’est Accepter que l’être qui est parti ne fait plus parti de notre monde mais qu’il vit autrement et ailleurs. Accepter que son souvenir puisse se faire autrement que dans la douleur et la peine. Le laisser en paix par le fait que nous même soyons en paix.

Pour ma part ce mot était banni de mon vocabulaire et de ma tête. Je n’osais même pas imaginer qu’un jour je pourrais faire le deuil de mon fils. Mais cela fait partie de la vie.

J’ai regardé d’autres articles et témoignages d’autres parents qui sont passés par là et ils disent tous la même chose, qu’il n’est plus avec nous physiquement mais que  tous les jours il est présent. Ça paraît bizarre et paradoxale mais c’est comme ça. Alors dès fois il y a des idées qu’on ne s’autorise même pas : avoir un autre enfant, faire son deuil, revivre à nouveau, être heureux ou seulement rire à nouveau car on pense qu’en faisant cela on trahit l’être aimé qui est parti.

Oui cela fait parti de ce long processus que d’accepter l’inacceptable, car c’est bien cela la définition de faire son deuil. Malheureusement ou heureusement si on se laisse faire on y arrive et bien sur à la seule condition de le vouloir et de ne pas avoir peur. Et oui je viens de comprendre encore ce soir que Yohann à été unique, le restera et rien ne pourras le remplacer même si j’accepte de faire mon deuil.

Je me revois comme le dimanche soir après qu’il soit parti. Je me regardais dans ma glace et je m’en voulais de ne pas pleurer son départ ou sa mort (je n’aime pas utiliser ce mot car pour moi il n’est pas mort, sa vie n’est pas finie à jamais, seulement dans la forme que nous connaissons ici). Je me posais la question si je l’aimais vraiment. Oui quoiqu’on puisse penser de moi où me juger, ça arrive qu’on se demande si on a tout bien fait comme il fallait, si on ne s’est pas trompé dans nos choix ou dans nos actes, si quelque part on n’a pas provoqué cette foutue maladie. Et les plus intelligents diront qu’il ne faut pas penser ainsi mais peu importe la raison dans ces situations, on se le demande quand même.

Enfin je peux vous dire que chaque jour est un combat et une étape.  Tout le monde pense peut être que ça y est notre vie à repris son cours normal ou qu’on est guéri mais il n’en est rien. Et puis guérir n’est pas un bon mot, nous ne sommes pas malade nous avons juste perdu notre fils… et ce n’est pas une maladie dont on peut guerrir, c’est une tragédie. Nous avons changé et ne sommes plus les mêmes personnes. Il est impossible de rester les mêmes après de telles épreuves et histoires et surtout on ne veut pas rester les mêmes. Aussi bizarre que ça puisse paraître.

Il ne suffit malheureusement (ou heureusement) pas de tourner une page pour passer à autres choses, il ne s’agit pas d’éffacer d’un coup de baguêtte magique toute l’histoire, ni encore moins le remplacer par un autre bébé au plus vite… oh non c’est tout autrement. Et il n’y a que le temps qui nous le dira. Même entre moi et JC, les chemins et les process ne sont pas pareils, chacun vit cela à sa manière mais on reste soudé pour s’accompagner l’un et l’autre.

Pour en revenir à ma fameuse date donc je ne sais pas si je peux affirmer (je ne sais même pas si je veux le dire ainsi) qu’aujourd’hui j’ai franchi une autre étape. Douloureuse mais importante pour la suite car ma vie n’est plus pareille.

Je pense que jusqu’à présent j’avais peur d’admettre comme ce fameux dimanche soir qu’un jour il va falloir accepter et le laisser partir en paix.

Alors des projets de vie commencent à germer et l’espoir d’un monde meilleur prend place doucement. L’Amour qu’il nous a laissé en héritage nous renforce et nous réuni chaque jour davantage.

Un petit ange unique
Tu as été mon fils
Te porter pendant neuf mois
Fut pour moi la plus grande des joies

Vivre ces 13mois et demi avec toi
a été le plus merveilleux des cadeaux.
Récemment nous avons célebré la fête des mères
Et même si pour moi elle avait un goût amer
Je resterai à jamais ta mère !

Porter la vie,
Donner la vie,
Planter la vie,
Telles ont été mon rôle avec toi

Je continuerai chaque jour
A porter ce fuit
Que tu nous as laissé
Tous les jours qui me resteront
Je les dédierai en ton nom

Et je sais que tu feras ta part
De la où tu es
Tu seras mon allié
Comme tu me l’a souvent montré.

Unique amour de ma vie
Tokana tu es
Yohann à jamais

Le hasard c’est Dieu qui se promène incognito…

Dans la vie, en tout cas pour la notre, je pense qu’il n’y a jamais de hasard.

« Mon fils tous les mois je n’arrête pas de compter combien de temps tu es parti déjà… tu es parti loin de nos yeux mais toujours dans cœurs. »

Alors il y a 5 mn je viens de recevoir une newsletter qui me rappelle que mon fils a maintenant 18mois et qui me donne des conseils pour son habillement, ses repas, son développement et autres. J’avais complètement oublié de m’en désabonner (ou peut être ne voulais-je pas le faire dans mon inconscient) et coïncidences, ça tombe dans ma boite mail aujourd’hui 5 mois jour pour jour.

Bizarre la vie… et je regarde la bande annonce de ce film « letters to god », ça en fait pas mal encore de hasard. Et aujourd’hui nous déjeunions avec les premières personnes qui nous ont accueillies ici au tout début et qui ont hébergé JC sans qu’on calcule ni la date ni l’endroit. C’est comme ça, encore des coïncidences ou moi j’appelle ça des signes.

Mais alors des signes pour quoi… mais pour avancer bien sûr. Car la vie elle continue bon gré, mal gré.

Une de mes peurs et angoisses (et je réponds de suite aux commentaires, on est obligé de penser à ça et d’y passer pour le comprendre et l’évacuer)… donc justement mes pires angoisses étaient d’avancer et qu’en avançant j’en arrive à oublier ce qui est arrivé et que tout cela reste un souvenir lointain plus tard. Mais finalement plus les jours passent plus je me rends compte que cela prend place doucement en moi pour que toute l’histoire soit intégrée totalement dans la mienne et en moi.

JC me disait hier que pour lui, nous ne serons jamais guéris et que la blessure restera toujours ouverte. Sur ce je lui ai répondu que pour ma part, si on veut avancer il faut laisser la blessure se refermer doucement comme toute plaie existante. Car dans un processus normale de vie, on se blesse, on cicatrise et tout re-fonctionne… c’est la règle normalement sauf erreur de ma part. Certes dès fois il y a besoin d’antibiotiques ou autres pour aider la cicatrisation mais de toute façon un jour ou l’autre si on laisse faire le corps, elle se refermera. Il restera la cicatrice pour nous rappeler comment nous l’avons eu. Alors je prends cette image simple, si on considère que le départ de Yohann est une blessure, alors il faut qu’elle se cicatrise d’elle-même. Cela prendra le temps que cela prendra mais de toute façon c’est le processus normal (à condition de le vouloir et de l’accepter). La cicatrice restera à jamais, fera partie de nous intégralement et sera là pour nous rappeler à chaque fois toutes les étapes par lesquelles nous avons du y passer.

« Alors mon fils, cela fait 5mois que tu n’es plus avec nous physiquement… que la mort et la maladie a emporté la victoire sur ton petit corps mais tu vois maman et papa ils continuent de se battre jour après jour. Surtout pour ne pas laisser cette saloperie nous envahir encore plus que ce qu’elle ne l’a faite sur toi.  Ton combat a été juste, noble et tu as été courageux.. nous ne pouvons que l’être en suivant tes traces et le chemin que tu as ouvert. Je ne dis pas que les jours sont faciles, ni que les nuits paisibles mais on se bat…

Oui dès fois dans la nuit je me réveille et je pleure. Je me rends compte à quel point tu me manques, à quel point c’est dur pour une maman de ne plus avoir son fils à côté d’elle. Ce fils tant aimé, ce fils signe d’espoir, ce fils signe d’amour et signe de prospérité… alors je comprends petit à petit que ce n’est pas parce que tu n’es plus là physiquement que tu ne peux plus être tout cela à la fois, oh non !! car tu es bien plus que celui qui a passé les 13mois et demi avec nous, tu es encore plus grand que tout ça et tu vis autrement maintenant. Tu es ma plus grande fierté mon fils et j’espère que mois aussi je suis la tienne là où tu es. »

 

Pour finir je suis tombé sur ce texte cet après midi (encore un signe pour que je le partage 🙂 ) et j’en prends bien note pour moi d’abord pour avancer, et aussi pour comprendre que nous avons tous besoin de grandir et que les épreuves de la vie servent  à s’accomplir.

 

…Le jour où je me suis aimé pour vrai, j’ai compris qu’en toutes circonstances, j’étais à la bonne place, au bon moment. Et, alors, j’ai pu me relaxer.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle Estime de soi.

 

… Le jour où je me suis aimé pour vrai, j’ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle, n’étaient rien d’autre qu’un signal lorsque je vais à l’encontre de mes convictions.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle Authenticité.

 

… Le jour où je me suis aimé pour vrai, j’ai cessé de vouloir une vie différente et j’ai commencé à voir que tout ce qui m’arrive contribue à ma croissance personnelle.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle Maturité.

 

… Le jour où je me suis aimé pour vrai, j’ai commencé à percevoir l’abus dans le fait de forcer une situation, ou une personne, dans le seul but d’obtenir ce que je veux, sachant très bien que ni la personne ni moi-même ne sommes prêts et que ce n’est pas le moment.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle Respect.

 

… Le jour où je me suis aimé pour vrai, j’ai commencé à me libérer de tout ce qui ne m’était pas salutaire, personnes, situations, tout ce qui baissait mon énergie. Au début, ma raison appelait ça de l’égoïsme.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle Amour Propre.

 

… Le jour où je me suis aimé pour vrai, j’ai cessé d’avoir peur du temps libre et j’ai arrêté de faire de grand plans , j’ai abandonné les méga-projets du futur. Aujourd’hui, je fais ce qui est correct, ce que j’aime, quand ça me plait et à mon rythme.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle Simplicité.

 

… Le jour où je me suis aimé pour vrai, j’ai cessé de chercher à toujours avoir raison et me suis rendu compte de toutes les fois où je me suis trompé.
Aujourd’hui, j’ai découvert l’Humilité.

 

… Le jour où je me suis aimé pour vrai, j’ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l’avenir. Aujourd’hui, je vis au présent, là où toute la vie se passe.
Aujourd’hui, je vis une seule journée à la fois, et ça s’appelle Plénitude.

 

… Le jour où je me suis aimé pour vrai, j’ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir, mais si je la mets au service de mon cœur, elle devient un allié très précieux.

Tout ceci est Savoir vivre !

Charlie Chaplin

4 mois après… où est-ce qu’on en est?

 » C’est la douleur qui fait écrire tu sais. Les gens heureux n’ont pas d’histoire.
Ils se taisent et se contentent d’aimer. »

J’ai lu cette citation sur le mur Facebook d’une adolescente hier et elle m’a beaucoup touchée et interpellée.

Cela fait exactement 4 mois que Yohann n’est plus avec nous physiquement et cela fait un petit moment que je n’ai rien écrit. Alors se pourrait-il qu’on soit heureux puisque je n’ai plus grand choses à raconter? Ou juste que la douleur est moins présente ?

Je laisserai le soin aux autres experts en jugement de donner le verdict car nous concernant une chose est sûr : Yohann est toujours au centre de notre vie, nous pensons à lui au réveil, ou dès qu’on voit des enfants, ou juste une poussette, ou juste en vivant des petits détails de la vie.

Pour ma part je n’éprouve aucune difficulté à parler de lui et de toute notre histoire à toutes les nouvelles personnes que je rencontre. Souvent les gens sont pris de court et ne savent pas comment réagir ni quoi dire. Je les comprends tout à fait. Ils sont même des fois gênés. Et je me rends compte que petit à petit je change et je m’aperçois que le regard des autres m’affecte moins.

Mon petit garçon m’inspire à chaque instant et quand je repense à tout ce que nous avions traversé ensemble, je n’ai même plus le temps de regretter ou de culpabiliser de quoi que ce soit. J’ai juste le souvenir d’un être combatif et courageux, débordant d’amour et de simplicité.  Alors depuis qu’il est parti, la vie sera comme celle qu’il m’a montré : toujours chercher l’amour, ne jamais se plaindre mais au contraire remercier et apprécier chaque jour qui vient, montrer le chemin et la voix à ceux qui veulent nous suivre.

Oui Yohann avait une mission très spéciale à faire et il l’a bien accompli. La mienne sera maintenant de la continuer et de prouver qu’autres choses existent, ailleurs dans une autre dimension et dans un futur proche.

Je remercie mon Seigneur Jésus chaque matin de ce nous avons pu affronter ensemble ces épreuves avec JC, et de ce que nous sommes encore débout et ensemble après ce que tout le monde qualifie de dramatique. Et oui combien de parents ne survivent pas après de telle histoire, combien se séparent et combien en deviennent fous. Je ne les blâme pas du tout, au contraire je les comprends tout à fait car aujourd’hui je sais exactement ce qu’on éprouve dans ces moments.

Seulement par la grâce de Dieu et son amour infini, Il nous a préservé et Il a tenu sa promesse.  Et même si les gens qui nous écoutent nous font l’éloge de notre force de caractère et  tout ce que nous avons fait pour notre petit bébé, au fond de moi je sais que cela ne vient pas que de moi. Car au bout d’un moment si la fontaine ne se connecte pas à la source, elle s’épuise vite… c’est inévitable.

Je me souviens très bien de ces moments que j’ai passés à l’hôpital ou j’étais complètement affolée. Je voulais m’enfuir, je ne voulais pas de cette vie là, je niais même à un moment donné que je pouvais mettre au monde un bébé malade. Et oui j’ai pensé tout ça et je ne m’en cache pas, je ne suis pas parfaite.

Mais le premier qui ne me jugea pas et qui m’a pardonné c’était mon fils. Je me souviens encore de l’intensité de son regard et la force avec laquelle il insistait pour me faire comprendre qu’il avait besoin de moi. Et je venais vers lui et il en était comblé et heureux. La photo ci-dessous me rappelle très bien un de ces moments. C’était quelques jours avant qu’il s’en aille.

 

Je me souviens de la scène comme si c’était il y a quelques heures. Il devait être vers 17h, il était sur son tapis de jeu avec tous ces jouets. Moi et son père étions à côté sur la table avec nos ordis respectifs. Je devais travailler ou faire autre chose. Alors je le regardais de temps en temps et quand je suis tombé sur son regard je n’ai pas résistée, j’ai pris la photo et une fois la photo prise je le rejoignis et je lisais ses livres avec lui.

Pendant longtemps cette scène me troublait à chaque fois que j’y pensais et surtout je me culpabilisais car à l’époque si j’aurais su qu’il nous quittera quelques jours après, j’aurais peut être fait autrement.

Alors après avoir parlé avec une nouvelle connaissance, je viens de comprendre que je n’avais aucunement à m’en vouloir. Je répondais à ce qu’il attendait de moi à ce moment précis. Et plutôt que de vivre avec des  « SI », je suis déjà très contente d’avoir laissé ce soir là mon ordi et de l’avoir rejoins. C’est une histoire parmi d’autres mais pleine de sens pour moi.

Pas plus tard qu’hier je faisais encore des cauchemars sur ce que nous vivions, et j’ai réalisé que je n’arrêtais pas de me culpabiliser. Oui on veut toujours faire mieux, plus ou autrement dans la vie mais cela ne sert à rien. Il faut centrer son attention à ce qu’on fait sur le moment présent, en être conscient et surtout agir avec de l’amour. Car l’amour pardonne tout. L’amour que nous partageons avec Yohann a suffit à ce que nous ouvrions les yeux sur ce qui es essentiel et sur ce qui est à venir.

Je suis loin de dire que nous avons compris toute chose ou que nous sommes maintenant guéris (d’ailleurs je n’aime pas ce mot car nous ne sommes pas malades)…  Seulement nous apprenons chaque jour et nous avançons autrement. Nous donnons un autre sens à notre vie et nous essayons de la partager à ceux qui veulent bien l’entendre. Pour ceux qui font la sourde oreille et qui n’arrête pas de juger et de raconter des médisances sur nous, je leur dis que je les ai déjà pardonné et qu’un jour ou l’autre la vérité et la justice apparaîtra.

Oui malheureusement beaucoup s’attende à ce qu’on s’écroule après cette histoire pour se réconforter eux dans leur incompréhension. Beaucoup s’attend à ce que moi et ma famille pillent mon mari « Vazaha » et beaucoup s’attende à ce que nous perdions notre société à Madagascar car nous ne sommes plus sur place pour la gérer. Pour beaucoup nous avons pété un câble et rejoins des sectes bizarres (si être chrétiens maintenant est considéré comme faisant partie d’une secte alors je le réclame haut et fort, oui je suis chrétienne, lol). Pour la plupart nous devrions consulter des Psy ou suivre des psychothérapies. Sans doute ce sont des réactions normales d’humain et des conseils d’amis plein de bons sens.

En attendant personne ne sait et n’a  réellement vécu aussi bien physiquement que moralement  ce moi et mon mari avons vécu et vu. Le reste n’est que du bla bla.

Pour finir voici une partie d’un texte que j’ai lu sur le blog d’une maman qui vient de perdre sa fille de 6 ans au mois de janvier suite à une maladie presque pareil à celle que Yohann avait.

ci-dessous son texte original  dont le titre est:   Car , c’est exactement ça :=(

« 1 jours,1semaine, 1mois, 6mois, 1 an, 2 ans, 5 ans, 10 ans, 20 ans même, nous séparent du départ de notre enfant et nous, parents en deuil, avons besoin des autres.

Bien que nous ne soyons pas faciles à vivre, nous aimerions rencontrer de la compréhension dans notre entourage ; nous avons besoin de soutien.
Nous aimerions que vous n’ayez pas de ré
serve à prononcer le nom de notre enfant mort, à nous parler de lui. Il a vécu, il est important encore pour nous ; nous avons besoin d’entendre son nom et de parler de lui ; alors, ne détournez pas la conversation. Cela nous serait doux, cela nous ferait sentir sa mystérieuse présence. Si nous sommes émus, que les larmes nous inondent le visage quand vous évoquez son souvenir, soyez sûr que ce n’est pas parce que vous nous avez blessé. C’est sa mort qui nous fait pleurer, il nous manque !
 Merci à vous de nous avoir permis de pleurer, car, chaque fois, notre cœur guérit un peu plus. Nous aimerions que vous n’essayiez pas d’oublier notre enfant, d’en effacer le souvenir chez vous en éliminant sa photo, ses dessins et autres cadeaux qu’il vous a fait. Pour nous ce serait le faire mourir une seconde fois.

 Être parent en deuil n’est pas contagieux ; ne vous éloignez pas de nous. Nous aimerions que vous sachiez que la perte d’un enfant est différente de toutes les autres pertes; c’est la pire des tragédies. Ne la comparez pas à la perte d’un parent, d’un conjoint ou d’un animal. 

 Ne comptez pas que dans un an nous serons guéris ; nous ne serons jamais, ni ex-mère, ni ex-père de notre enfant décédé, ni guéri. Nous apprendrons à survivre à sa mort et à revivre malgré ou avec son absence. Nous aurons des hauts et des bas. Ne croyez pas trop vite que notre deuil est fini ou au contraire que nous avons besoin de soins psychiatriques. Ne nous proposez ni médicaments ni alcool ; ce ne sont que des béquilles temporaires.
 Le seul moyen de traverser un deuil, c’est de le vivre. Il faut accepter de souffrir avant de guérir. Nous espérons que vous admettrez nos réactions physiques dans le deuil.
 Peut-être allons-nous prendre ou perdre un peu de poids, dormir comme une marmotte ou devenir insomniaques.
 Le deuil rend vulnérable, sujet aux maladies et aux accidents. 

Sachez, aussi, que tout ce que nous faisons et que vous trouvez un peu fou est tout à fait normal pendant un deuil ; la dépression, la colère, la culpabilité, la frustration, le désespoir et la remise en question des croyances et des valeurs fondamentales sont des étapes du deuil d’un enfant. 
Essayez de nous accepter dans l’état où nous sommes momentanément sans vous froisser. 
 Il est normal que la mort d’un enfant remette en question nos valeurs et nos croyances.
 Laisse-nous remettre notre religion en question et retrouver une nouvelle harmonie avec celle-ci sans nous culpabiliser. 
Nous aimerions que vous compreniez que le deuil transforme une personne. 
Nous ne serons plus celle ou celui que noue étions avant la mort de notre enfant et nous ne le serons plus jamais.
 Si vous attendez que nous revenions comme avant vous serez toujours frustré. 
Nous devenons des personnes nouvelles avec de nouvelles valeurs, de nouveaux rêves, de nouvelles aspirations et de nouvelles croyances. Nous vous en prions, efforcez-vous de refaire connaissance avec nous ; peut-être nous apprécierez-vous de nouveau?
 Le jour anniversaire de la naissance notre enfant et celui de son décès sont très difficiles à vivre pour nous, de même que les autres fêtes et les vacances. 
Nous aimerions qu’en ces occasions vous puissiez nous dire que vous pensez aussi à notre enfant. 

Quand nous sommes tranquilles et réservés, sachez que souvent nous pensons à lui ; alors, ne vous efforcez pas de nous divertir. 

 Les mots exacts pour le dire.
 Je vous en prie, ne me demandez pas si j’ai réussi à le surmonter, Je ne le surmonterai jamais.
 Je vous en prie, ne me dites pas qu’il est mieux là où il est maintenant, Il n’est pas ici auprès de moi.
 Je vous en prie, ne me dites pas qu’il ne souffre plus, Je n’ai toujours pas accepté qu’il ait dû souffrir. 
Je vous en prie, ne me dites pas que vous savez ce que je ressens, A moins que vous aussi, vous ayez perdu un enfant. 
Je vous en prie, ne me demandez pas de guérir, Le deuil n’est pas une maladie dont on peut se débarrasser. Je vous en prie, ne me dites pas « Au moins vous l’avez eu pendant tel nombre d’années », Selon vous, à quel âge votre enfant devrait-il mourir ? 
Je vous en prie, ne me dites pas que Dieu n’inflige pas plus que ce que l’homme peut supporter. 
Je vous en prie, dites-moi simplement que vous êtes désolés. 
Je vous en prie, dites-moi simplement que vous vous souvenez de mon enfant, si vous vous rappelez de lui. 
Je vous en prie, laissez-moi simplement parler de mon enfant. 
Je vous en prie, mentionnez le nom de mon enfant.
 Je vous en prie, laissez-moi simplement pleurer. 

 

Elle vit son deuil autrement et c’est tout à fait son droit, je crois que personne ne pourra la juger pour cela. Il n’y a rien d’autres à ajouter.
Nous vivons le notre, différemment mais c’est notre droit.