Julia

Ma compréhension de l’Amour

Il y a des jours comme aujourd’hui où on se réveille et tout de suite on sent que quelques choses de bien de de merveilleux arrivera. Une étape de plus à franchir dans la compréhension de ce qu’est la vie et le pourquoi de tout ce qui arrive autour de nous.
Il est clair que depuis la mort de Yohann, je n’aborde plus les questions de la vie et la mort de la même manière et j’en suis contente d’ailleurs car sinon toute son existence aurait été vaine. Nous ne cesserons jamais de le dire et de le crier haut et fort, notre Yohann nous a apporter le plus beau message qui existe sur cette terre, et même dans l’univers entière : l’AMOUR. Alors aujourd’hui la compréhension de cet Amour m’a changé et m’a fortifié.

Encore maintenant, les flèches empoisonnées pleine de haine et de jugement à notre égard se font ressentir. Beaucoup de gens n’ont pas compris et ne veulent pas comprendre la façon dont moi et JC avons géré le départ de Yohann. Et même encore des mois plus tard retournant dans mon pays, les échos se font encore entendre. Que voulez vous, y en a qui ne cesseront jamais de critiquer les autres quoiqu’on fasse.

Mais après tout, qu’en avons nous a faire de cela, nous leur accordons l’importance qu’on veut bien leur donner. Alors aujourd’hui ma compréhension de l’amour me fait dire une chose importante pour moi d’abord, ensuite pour les autres : je choisis de les pardonner.

Oui le pardon est une puissance libératrice, qui a un pouvoir de guérison. J’en avais tellement entendu sur moi et la façon dont je gérais le départ de mon fils que ça me détruisais et me bouffais toute mon énergie. Aujourd’hui je décide que tout cela ne m’affectera plus et n’aura plus aucun pouvoir sur moi.

Et finalement je sais qu’il n’y a que les forts qui peuvent aimer de cette façon car l’amour est acte délibéré. Ce n’est pas qu’un sentiment, c’est avant tout un comportement et des actes. Alors pour ma part je prierai pour ceux qui ne m’ont pas compris, je les pardonne.

 

Après tout je ne fais que suivre mon maître. 🙂 Qu’importe qu’on me traite de fanatique ou de folle de Dieu… J’assume ce que je suis et je le vis pleinement. Mes amis m’accepteront tel que je suis, les autres c’est pas grave. Le monde ne cessera pas de tourner pour autant.
Encore une fois à travers sa petite et courte vie, non moins intense, mon fils m’a montré un chemin clair, limpide et juste. Il m’aura ouvert les yeux sur beaucoup de choses et je choisis de les voir. Certes nous pourrions aussi nous attarder sur les questions d’injustices, de malheur, de souffrance mais ce qu’il faudrait se poser comme question c’est pourquoi nous nous attarderions sur ces aspects là plutôt que de voir l’amour et la lumière.
Je n’ai pas de leçon à donner à qui que ce soit , chacun répondra s’il en a envie et s’il n’en a pas envie c’est pareil. Je partage, et recevront ceux qui peuvent et veulent le recevoir.

Vidéo prise le 07 octobre 2011 à l’hôpital des enfants Saint Denis

1Tes 4: 13 « Frères, nous désirons que vous connaissiez la vérité au sujet de ceux qui sont morts, afin que vous ne soyez pas tristes comme les autres, ceux qui n’ont pas d’espérance. Nous croyons que Jésus est mort et qu’il s’est relevé de la mort ; de même, nous croyons aussi que Dieu relèvera avec Jésus ceux qui seront morts en croyant en lui. »

 

Tu aurais eu 2 ans mon fils.

Il ya 2 ans de cela, mon petit garçon, je te tenais pour la première fois dans mes bras.
Je ne voulais plus te lâcher, plus rien ne comptais. Je savais qu’il fallait absolument que je te protèges, de tout, de n’importe qui et de n’importe quoi.
Un sentiment de peur, d’amour et de responsabilité m’envahissait mais en même temps un désir profond de communiquer avec toi.
Tu me manques terriblement mon fils.
Tu aurais eu 2 ans aujourd’hui et tout ce que j’ai pu te faire comme cadeau c’est une petite gerbe de fleur sur ce tombeau qui renferme à jamais ton corps. Je sais que tu n’es plus là dedans mais n’empêche, cela me fait terriblement mal de ne plus t’avoir, de ne plus te sentir.
Oh mon petit bébé, tant de choses se sont passées depuis ton départ mais une seule est restée la même, mon amour pour toi.
Tu es à jamais dans mon cœur et je ne peux même pas encore imaginer  en ce moment porter un autre enfant que toi. Ni même penser re-donner la vie. Oui personne ne peut le comprendre ça et je ne leur en veux pas, c’est comme ça c’est tout.

 

Alors ce soir, je repenserai à toi comme chaque soir avant de m’endormir et demain matin ce sera pareil à mon reveil.
Et je sais que le restant de mes jours sera ainsi…

 

notre photo prise le 25-09-2010 à 20h13

 

Faire son deuil???

Nous sommes le 6-6-2012. Et comme à chaque fois cette date signifie beaucoup pour moi car dans un de mes anciens post je le mentionnais comme étant la date fatidique de la fin de tous nos calvaires. À l’époque je le pensais dans le sens où Yohann serait complètement guéri miraculeusement. Je ne sais pas pourquoi je l’avais choisi mais c’est comme ça. Dès fois on fait des choses qui nous tiennent à cœur sans forcément pouvoir expliquer le pourquoi du comment.

Ça faisait plusieurs jours que je pensais écrire à nouveau mais je ne savais pas quoi dire, je me tâtais. Je regardais autour de moi mais pas inspirée et pas envie de partager. Alors ce soir seulement je viens de comprendre qu’il fallait un temps, comme d’habitude, pour que ça murisse dans ma tête.

Il y a une semaine j’ai posé la question à une amie (médecin) proche ce que veut dire réellement « faire son deuil ». Alors elle m’a répondu que souvent on confond ce mot avec oublier et effacer mais cela n’a rien a avoir. En fait, c’est Accepter que l’être qui est parti ne fait plus parti de notre monde mais qu’il vit autrement et ailleurs. Accepter que son souvenir puisse se faire autrement que dans la douleur et la peine. Le laisser en paix par le fait que nous même soyons en paix.

Pour ma part ce mot était banni de mon vocabulaire et de ma tête. Je n’osais même pas imaginer qu’un jour je pourrais faire le deuil de mon fils. Mais cela fait partie de la vie.

J’ai regardé d’autres articles et témoignages d’autres parents qui sont passés par là et ils disent tous la même chose, qu’il n’est plus avec nous physiquement mais que  tous les jours il est présent. Ça paraît bizarre et paradoxale mais c’est comme ça. Alors dès fois il y a des idées qu’on ne s’autorise même pas : avoir un autre enfant, faire son deuil, revivre à nouveau, être heureux ou seulement rire à nouveau car on pense qu’en faisant cela on trahit l’être aimé qui est parti.

Oui cela fait parti de ce long processus que d’accepter l’inacceptable, car c’est bien cela la définition de faire son deuil. Malheureusement ou heureusement si on se laisse faire on y arrive et bien sur à la seule condition de le vouloir et de ne pas avoir peur. Et oui je viens de comprendre encore ce soir que Yohann à été unique, le restera et rien ne pourras le remplacer même si j’accepte de faire mon deuil.

Je me revois comme le dimanche soir après qu’il soit parti. Je me regardais dans ma glace et je m’en voulais de ne pas pleurer son départ ou sa mort (je n’aime pas utiliser ce mot car pour moi il n’est pas mort, sa vie n’est pas finie à jamais, seulement dans la forme que nous connaissons ici). Je me posais la question si je l’aimais vraiment. Oui quoiqu’on puisse penser de moi où me juger, ça arrive qu’on se demande si on a tout bien fait comme il fallait, si on ne s’est pas trompé dans nos choix ou dans nos actes, si quelque part on n’a pas provoqué cette foutue maladie. Et les plus intelligents diront qu’il ne faut pas penser ainsi mais peu importe la raison dans ces situations, on se le demande quand même.

Enfin je peux vous dire que chaque jour est un combat et une étape.  Tout le monde pense peut être que ça y est notre vie à repris son cours normal ou qu’on est guéri mais il n’en est rien. Et puis guérir n’est pas un bon mot, nous ne sommes pas malade nous avons juste perdu notre fils… et ce n’est pas une maladie dont on peut guerrir, c’est une tragédie. Nous avons changé et ne sommes plus les mêmes personnes. Il est impossible de rester les mêmes après de telles épreuves et histoires et surtout on ne veut pas rester les mêmes. Aussi bizarre que ça puisse paraître.

Il ne suffit malheureusement (ou heureusement) pas de tourner une page pour passer à autres choses, il ne s’agit pas d’éffacer d’un coup de baguêtte magique toute l’histoire, ni encore moins le remplacer par un autre bébé au plus vite… oh non c’est tout autrement. Et il n’y a que le temps qui nous le dira. Même entre moi et JC, les chemins et les process ne sont pas pareils, chacun vit cela à sa manière mais on reste soudé pour s’accompagner l’un et l’autre.

Pour en revenir à ma fameuse date donc je ne sais pas si je peux affirmer (je ne sais même pas si je veux le dire ainsi) qu’aujourd’hui j’ai franchi une autre étape. Douloureuse mais importante pour la suite car ma vie n’est plus pareille.

Je pense que jusqu’à présent j’avais peur d’admettre comme ce fameux dimanche soir qu’un jour il va falloir accepter et le laisser partir en paix.

Alors des projets de vie commencent à germer et l’espoir d’un monde meilleur prend place doucement. L’Amour qu’il nous a laissé en héritage nous renforce et nous réuni chaque jour davantage.

Un petit ange unique
Tu as été mon fils
Te porter pendant neuf mois
Fut pour moi la plus grande des joies

Vivre ces 13mois et demi avec toi
a été le plus merveilleux des cadeaux.
Récemment nous avons célebré la fête des mères
Et même si pour moi elle avait un goût amer
Je resterai à jamais ta mère !

Porter la vie,
Donner la vie,
Planter la vie,
Telles ont été mon rôle avec toi

Je continuerai chaque jour
A porter ce fuit
Que tu nous as laissé
Tous les jours qui me resteront
Je les dédierai en ton nom

Et je sais que tu feras ta part
De la où tu es
Tu seras mon allié
Comme tu me l’a souvent montré.

Unique amour de ma vie
Tokana tu es
Yohann à jamais

Le hasard c’est Dieu qui se promène incognito…

Dans la vie, en tout cas pour la notre, je pense qu’il n’y a jamais de hasard.

« Mon fils tous les mois je n’arrête pas de compter combien de temps tu es parti déjà… tu es parti loin de nos yeux mais toujours dans cœurs. »

Alors il y a 5 mn je viens de recevoir une newsletter qui me rappelle que mon fils a maintenant 18mois et qui me donne des conseils pour son habillement, ses repas, son développement et autres. J’avais complètement oublié de m’en désabonner (ou peut être ne voulais-je pas le faire dans mon inconscient) et coïncidences, ça tombe dans ma boite mail aujourd’hui 5 mois jour pour jour.

Bizarre la vie… et je regarde la bande annonce de ce film « letters to god », ça en fait pas mal encore de hasard. Et aujourd’hui nous déjeunions avec les premières personnes qui nous ont accueillies ici au tout début et qui ont hébergé JC sans qu’on calcule ni la date ni l’endroit. C’est comme ça, encore des coïncidences ou moi j’appelle ça des signes.

Mais alors des signes pour quoi… mais pour avancer bien sûr. Car la vie elle continue bon gré, mal gré.

Une de mes peurs et angoisses (et je réponds de suite aux commentaires, on est obligé de penser à ça et d’y passer pour le comprendre et l’évacuer)… donc justement mes pires angoisses étaient d’avancer et qu’en avançant j’en arrive à oublier ce qui est arrivé et que tout cela reste un souvenir lointain plus tard. Mais finalement plus les jours passent plus je me rends compte que cela prend place doucement en moi pour que toute l’histoire soit intégrée totalement dans la mienne et en moi.

JC me disait hier que pour lui, nous ne serons jamais guéris et que la blessure restera toujours ouverte. Sur ce je lui ai répondu que pour ma part, si on veut avancer il faut laisser la blessure se refermer doucement comme toute plaie existante. Car dans un processus normale de vie, on se blesse, on cicatrise et tout re-fonctionne… c’est la règle normalement sauf erreur de ma part. Certes dès fois il y a besoin d’antibiotiques ou autres pour aider la cicatrisation mais de toute façon un jour ou l’autre si on laisse faire le corps, elle se refermera. Il restera la cicatrice pour nous rappeler comment nous l’avons eu. Alors je prends cette image simple, si on considère que le départ de Yohann est une blessure, alors il faut qu’elle se cicatrise d’elle-même. Cela prendra le temps que cela prendra mais de toute façon c’est le processus normal (à condition de le vouloir et de l’accepter). La cicatrice restera à jamais, fera partie de nous intégralement et sera là pour nous rappeler à chaque fois toutes les étapes par lesquelles nous avons du y passer.

« Alors mon fils, cela fait 5mois que tu n’es plus avec nous physiquement… que la mort et la maladie a emporté la victoire sur ton petit corps mais tu vois maman et papa ils continuent de se battre jour après jour. Surtout pour ne pas laisser cette saloperie nous envahir encore plus que ce qu’elle ne l’a faite sur toi.  Ton combat a été juste, noble et tu as été courageux.. nous ne pouvons que l’être en suivant tes traces et le chemin que tu as ouvert. Je ne dis pas que les jours sont faciles, ni que les nuits paisibles mais on se bat…

Oui dès fois dans la nuit je me réveille et je pleure. Je me rends compte à quel point tu me manques, à quel point c’est dur pour une maman de ne plus avoir son fils à côté d’elle. Ce fils tant aimé, ce fils signe d’espoir, ce fils signe d’amour et signe de prospérité… alors je comprends petit à petit que ce n’est pas parce que tu n’es plus là physiquement que tu ne peux plus être tout cela à la fois, oh non !! car tu es bien plus que celui qui a passé les 13mois et demi avec nous, tu es encore plus grand que tout ça et tu vis autrement maintenant. Tu es ma plus grande fierté mon fils et j’espère que mois aussi je suis la tienne là où tu es. »

 

Pour finir je suis tombé sur ce texte cet après midi (encore un signe pour que je le partage 🙂 ) et j’en prends bien note pour moi d’abord pour avancer, et aussi pour comprendre que nous avons tous besoin de grandir et que les épreuves de la vie servent  à s’accomplir.

 

…Le jour où je me suis aimé pour vrai, j’ai compris qu’en toutes circonstances, j’étais à la bonne place, au bon moment. Et, alors, j’ai pu me relaxer.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle Estime de soi.

 

… Le jour où je me suis aimé pour vrai, j’ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle, n’étaient rien d’autre qu’un signal lorsque je vais à l’encontre de mes convictions.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle Authenticité.

 

… Le jour où je me suis aimé pour vrai, j’ai cessé de vouloir une vie différente et j’ai commencé à voir que tout ce qui m’arrive contribue à ma croissance personnelle.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle Maturité.

 

… Le jour où je me suis aimé pour vrai, j’ai commencé à percevoir l’abus dans le fait de forcer une situation, ou une personne, dans le seul but d’obtenir ce que je veux, sachant très bien que ni la personne ni moi-même ne sommes prêts et que ce n’est pas le moment.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle Respect.

 

… Le jour où je me suis aimé pour vrai, j’ai commencé à me libérer de tout ce qui ne m’était pas salutaire, personnes, situations, tout ce qui baissait mon énergie. Au début, ma raison appelait ça de l’égoïsme.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle Amour Propre.

 

… Le jour où je me suis aimé pour vrai, j’ai cessé d’avoir peur du temps libre et j’ai arrêté de faire de grand plans , j’ai abandonné les méga-projets du futur. Aujourd’hui, je fais ce qui est correct, ce que j’aime, quand ça me plait et à mon rythme.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle Simplicité.

 

… Le jour où je me suis aimé pour vrai, j’ai cessé de chercher à toujours avoir raison et me suis rendu compte de toutes les fois où je me suis trompé.
Aujourd’hui, j’ai découvert l’Humilité.

 

… Le jour où je me suis aimé pour vrai, j’ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l’avenir. Aujourd’hui, je vis au présent, là où toute la vie se passe.
Aujourd’hui, je vis une seule journée à la fois, et ça s’appelle Plénitude.

 

… Le jour où je me suis aimé pour vrai, j’ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir, mais si je la mets au service de mon cœur, elle devient un allié très précieux.

Tout ceci est Savoir vivre !

Charlie Chaplin

4 mois après… où est-ce qu’on en est?

 » C’est la douleur qui fait écrire tu sais. Les gens heureux n’ont pas d’histoire.
Ils se taisent et se contentent d’aimer. »

J’ai lu cette citation sur le mur Facebook d’une adolescente hier et elle m’a beaucoup touchée et interpellée.

Cela fait exactement 4 mois que Yohann n’est plus avec nous physiquement et cela fait un petit moment que je n’ai rien écrit. Alors se pourrait-il qu’on soit heureux puisque je n’ai plus grand choses à raconter? Ou juste que la douleur est moins présente ?

Je laisserai le soin aux autres experts en jugement de donner le verdict car nous concernant une chose est sûr : Yohann est toujours au centre de notre vie, nous pensons à lui au réveil, ou dès qu’on voit des enfants, ou juste une poussette, ou juste en vivant des petits détails de la vie.

Pour ma part je n’éprouve aucune difficulté à parler de lui et de toute notre histoire à toutes les nouvelles personnes que je rencontre. Souvent les gens sont pris de court et ne savent pas comment réagir ni quoi dire. Je les comprends tout à fait. Ils sont même des fois gênés. Et je me rends compte que petit à petit je change et je m’aperçois que le regard des autres m’affecte moins.

Mon petit garçon m’inspire à chaque instant et quand je repense à tout ce que nous avions traversé ensemble, je n’ai même plus le temps de regretter ou de culpabiliser de quoi que ce soit. J’ai juste le souvenir d’un être combatif et courageux, débordant d’amour et de simplicité.  Alors depuis qu’il est parti, la vie sera comme celle qu’il m’a montré : toujours chercher l’amour, ne jamais se plaindre mais au contraire remercier et apprécier chaque jour qui vient, montrer le chemin et la voix à ceux qui veulent nous suivre.

Oui Yohann avait une mission très spéciale à faire et il l’a bien accompli. La mienne sera maintenant de la continuer et de prouver qu’autres choses existent, ailleurs dans une autre dimension et dans un futur proche.

Je remercie mon Seigneur Jésus chaque matin de ce nous avons pu affronter ensemble ces épreuves avec JC, et de ce que nous sommes encore débout et ensemble après ce que tout le monde qualifie de dramatique. Et oui combien de parents ne survivent pas après de telle histoire, combien se séparent et combien en deviennent fous. Je ne les blâme pas du tout, au contraire je les comprends tout à fait car aujourd’hui je sais exactement ce qu’on éprouve dans ces moments.

Seulement par la grâce de Dieu et son amour infini, Il nous a préservé et Il a tenu sa promesse.  Et même si les gens qui nous écoutent nous font l’éloge de notre force de caractère et  tout ce que nous avons fait pour notre petit bébé, au fond de moi je sais que cela ne vient pas que de moi. Car au bout d’un moment si la fontaine ne se connecte pas à la source, elle s’épuise vite… c’est inévitable.

Je me souviens très bien de ces moments que j’ai passés à l’hôpital ou j’étais complètement affolée. Je voulais m’enfuir, je ne voulais pas de cette vie là, je niais même à un moment donné que je pouvais mettre au monde un bébé malade. Et oui j’ai pensé tout ça et je ne m’en cache pas, je ne suis pas parfaite.

Mais le premier qui ne me jugea pas et qui m’a pardonné c’était mon fils. Je me souviens encore de l’intensité de son regard et la force avec laquelle il insistait pour me faire comprendre qu’il avait besoin de moi. Et je venais vers lui et il en était comblé et heureux. La photo ci-dessous me rappelle très bien un de ces moments. C’était quelques jours avant qu’il s’en aille.

 

Je me souviens de la scène comme si c’était il y a quelques heures. Il devait être vers 17h, il était sur son tapis de jeu avec tous ces jouets. Moi et son père étions à côté sur la table avec nos ordis respectifs. Je devais travailler ou faire autre chose. Alors je le regardais de temps en temps et quand je suis tombé sur son regard je n’ai pas résistée, j’ai pris la photo et une fois la photo prise je le rejoignis et je lisais ses livres avec lui.

Pendant longtemps cette scène me troublait à chaque fois que j’y pensais et surtout je me culpabilisais car à l’époque si j’aurais su qu’il nous quittera quelques jours après, j’aurais peut être fait autrement.

Alors après avoir parlé avec une nouvelle connaissance, je viens de comprendre que je n’avais aucunement à m’en vouloir. Je répondais à ce qu’il attendait de moi à ce moment précis. Et plutôt que de vivre avec des  « SI », je suis déjà très contente d’avoir laissé ce soir là mon ordi et de l’avoir rejoins. C’est une histoire parmi d’autres mais pleine de sens pour moi.

Pas plus tard qu’hier je faisais encore des cauchemars sur ce que nous vivions, et j’ai réalisé que je n’arrêtais pas de me culpabiliser. Oui on veut toujours faire mieux, plus ou autrement dans la vie mais cela ne sert à rien. Il faut centrer son attention à ce qu’on fait sur le moment présent, en être conscient et surtout agir avec de l’amour. Car l’amour pardonne tout. L’amour que nous partageons avec Yohann a suffit à ce que nous ouvrions les yeux sur ce qui es essentiel et sur ce qui est à venir.

Je suis loin de dire que nous avons compris toute chose ou que nous sommes maintenant guéris (d’ailleurs je n’aime pas ce mot car nous ne sommes pas malades)…  Seulement nous apprenons chaque jour et nous avançons autrement. Nous donnons un autre sens à notre vie et nous essayons de la partager à ceux qui veulent bien l’entendre. Pour ceux qui font la sourde oreille et qui n’arrête pas de juger et de raconter des médisances sur nous, je leur dis que je les ai déjà pardonné et qu’un jour ou l’autre la vérité et la justice apparaîtra.

Oui malheureusement beaucoup s’attende à ce qu’on s’écroule après cette histoire pour se réconforter eux dans leur incompréhension. Beaucoup s’attend à ce que moi et ma famille pillent mon mari « Vazaha » et beaucoup s’attende à ce que nous perdions notre société à Madagascar car nous ne sommes plus sur place pour la gérer. Pour beaucoup nous avons pété un câble et rejoins des sectes bizarres (si être chrétiens maintenant est considéré comme faisant partie d’une secte alors je le réclame haut et fort, oui je suis chrétienne, lol). Pour la plupart nous devrions consulter des Psy ou suivre des psychothérapies. Sans doute ce sont des réactions normales d’humain et des conseils d’amis plein de bons sens.

En attendant personne ne sait et n’a  réellement vécu aussi bien physiquement que moralement  ce moi et mon mari avons vécu et vu. Le reste n’est que du bla bla.

Pour finir voici une partie d’un texte que j’ai lu sur le blog d’une maman qui vient de perdre sa fille de 6 ans au mois de janvier suite à une maladie presque pareil à celle que Yohann avait.

ci-dessous son texte original  dont le titre est:   Car , c’est exactement ça :=(

« 1 jours,1semaine, 1mois, 6mois, 1 an, 2 ans, 5 ans, 10 ans, 20 ans même, nous séparent du départ de notre enfant et nous, parents en deuil, avons besoin des autres.

Bien que nous ne soyons pas faciles à vivre, nous aimerions rencontrer de la compréhension dans notre entourage ; nous avons besoin de soutien.
Nous aimerions que vous n’ayez pas de ré
serve à prononcer le nom de notre enfant mort, à nous parler de lui. Il a vécu, il est important encore pour nous ; nous avons besoin d’entendre son nom et de parler de lui ; alors, ne détournez pas la conversation. Cela nous serait doux, cela nous ferait sentir sa mystérieuse présence. Si nous sommes émus, que les larmes nous inondent le visage quand vous évoquez son souvenir, soyez sûr que ce n’est pas parce que vous nous avez blessé. C’est sa mort qui nous fait pleurer, il nous manque !
 Merci à vous de nous avoir permis de pleurer, car, chaque fois, notre cœur guérit un peu plus. Nous aimerions que vous n’essayiez pas d’oublier notre enfant, d’en effacer le souvenir chez vous en éliminant sa photo, ses dessins et autres cadeaux qu’il vous a fait. Pour nous ce serait le faire mourir une seconde fois.

 Être parent en deuil n’est pas contagieux ; ne vous éloignez pas de nous. Nous aimerions que vous sachiez que la perte d’un enfant est différente de toutes les autres pertes; c’est la pire des tragédies. Ne la comparez pas à la perte d’un parent, d’un conjoint ou d’un animal. 

 Ne comptez pas que dans un an nous serons guéris ; nous ne serons jamais, ni ex-mère, ni ex-père de notre enfant décédé, ni guéri. Nous apprendrons à survivre à sa mort et à revivre malgré ou avec son absence. Nous aurons des hauts et des bas. Ne croyez pas trop vite que notre deuil est fini ou au contraire que nous avons besoin de soins psychiatriques. Ne nous proposez ni médicaments ni alcool ; ce ne sont que des béquilles temporaires.
 Le seul moyen de traverser un deuil, c’est de le vivre. Il faut accepter de souffrir avant de guérir. Nous espérons que vous admettrez nos réactions physiques dans le deuil.
 Peut-être allons-nous prendre ou perdre un peu de poids, dormir comme une marmotte ou devenir insomniaques.
 Le deuil rend vulnérable, sujet aux maladies et aux accidents. 

Sachez, aussi, que tout ce que nous faisons et que vous trouvez un peu fou est tout à fait normal pendant un deuil ; la dépression, la colère, la culpabilité, la frustration, le désespoir et la remise en question des croyances et des valeurs fondamentales sont des étapes du deuil d’un enfant. 
Essayez de nous accepter dans l’état où nous sommes momentanément sans vous froisser. 
 Il est normal que la mort d’un enfant remette en question nos valeurs et nos croyances.
 Laisse-nous remettre notre religion en question et retrouver une nouvelle harmonie avec celle-ci sans nous culpabiliser. 
Nous aimerions que vous compreniez que le deuil transforme une personne. 
Nous ne serons plus celle ou celui que noue étions avant la mort de notre enfant et nous ne le serons plus jamais.
 Si vous attendez que nous revenions comme avant vous serez toujours frustré. 
Nous devenons des personnes nouvelles avec de nouvelles valeurs, de nouveaux rêves, de nouvelles aspirations et de nouvelles croyances. Nous vous en prions, efforcez-vous de refaire connaissance avec nous ; peut-être nous apprécierez-vous de nouveau?
 Le jour anniversaire de la naissance notre enfant et celui de son décès sont très difficiles à vivre pour nous, de même que les autres fêtes et les vacances. 
Nous aimerions qu’en ces occasions vous puissiez nous dire que vous pensez aussi à notre enfant. 

Quand nous sommes tranquilles et réservés, sachez que souvent nous pensons à lui ; alors, ne vous efforcez pas de nous divertir. 

 Les mots exacts pour le dire.
 Je vous en prie, ne me demandez pas si j’ai réussi à le surmonter, Je ne le surmonterai jamais.
 Je vous en prie, ne me dites pas qu’il est mieux là où il est maintenant, Il n’est pas ici auprès de moi.
 Je vous en prie, ne me dites pas qu’il ne souffre plus, Je n’ai toujours pas accepté qu’il ait dû souffrir. 
Je vous en prie, ne me dites pas que vous savez ce que je ressens, A moins que vous aussi, vous ayez perdu un enfant. 
Je vous en prie, ne me demandez pas de guérir, Le deuil n’est pas une maladie dont on peut se débarrasser. Je vous en prie, ne me dites pas « Au moins vous l’avez eu pendant tel nombre d’années », Selon vous, à quel âge votre enfant devrait-il mourir ? 
Je vous en prie, ne me dites pas que Dieu n’inflige pas plus que ce que l’homme peut supporter. 
Je vous en prie, dites-moi simplement que vous êtes désolés. 
Je vous en prie, dites-moi simplement que vous vous souvenez de mon enfant, si vous vous rappelez de lui. 
Je vous en prie, laissez-moi simplement parler de mon enfant. 
Je vous en prie, mentionnez le nom de mon enfant.
 Je vous en prie, laissez-moi simplement pleurer. 

 

Elle vit son deuil autrement et c’est tout à fait son droit, je crois que personne ne pourra la juger pour cela. Il n’y a rien d’autres à ajouter.
Nous vivons le notre, différemment mais c’est notre droit.

 

 

A l’approche du 12 du mois

Presque tous les mois depuis que Yohann est parti, j’appréhende l’approche du 12 du mois. Et pas loupé ce mois ci c’est encore pareil et je pense que durant le restant de mes jours ce sera ainsi.

Nous venons de passer un moment de tristesse, de douleur et de pleurs avec JC sur la terrasse. C’est moi qui ait commencé et après il n’a pas pu résister et n’a pu faire que de me suivre.

La semaine avait commencé avec une petite note de joie, de tendresse mêlée à de la tristesse. Le  fils d’une amie a fêté son 2ème anniversaire et je ne pouvais m’empêcher de faire le parallèle à chaque fois. D’autant plus que c’est l’un des petits garçons avec qui Yohann a une photo avec.

Je me disais que Yohann n’atteindrai jamais ses 2ans. Et malgré tout il faut que je continue à avancer sans trop y cogiter.

Personne ne pourra comprendre ce que je ressens au fond de moi, pas même mon mari. Lui aussi a ses propres douleurs, sa façon de les gérer. Nous respectons chacun nos besoins, nos angoisses et nos manques…

Nous avons cependant à côté de cela, commencé à avoir quelques bribes de projets, pas encore du long terme mais ça commence. Sur une échelle de quelques mois, c’est déjà pas mal comme début…

Quand je regarde un peu en arrière, j’ai le vertige en me disant que cela ne fait que 3mois qu’il est parti et qu’en même temps dès fois j’ai l’impression que tout cela était dans une autre vie.

Je touche ma cicatrice que ma césarienne a laissé et j’ai l’impression que c’est pareil dans mon cœur.. une grande cicatrice en plein milieux qui me rappelle à chaque fois quand j’y jette un œil que mon Yohann est parti et qu’il n’est plus là. Qu’il faut encore que j’attende un moment avant de le revoir 🙂

Et la foi et la prière dans tout ça ?… et bien nous continuons toujours dans la même lignée.  Les rencontres bizarres et insolites continuent également et nous rappellent de temps en temps que le hasard n’existe pas finalement.

Alors les jours avancent et ne se ressemblent pas, quoique si, un peu…. Les pensées pour Yohann occupent beaucoup de place.

Pour finir voici ce que j’ai mis sur mon mur fb aujourd’hui : «Si nous ne pouvons pas toujours choisir nos circonstances, nous pouvons décider de notre réaction face à elles».

Je crois que cela résume à peu près bien notre attitude générale.

 

La déception et la solitude…

Après avoir vécu le départ de mon fils, ma perception des choses ont changé… oui je dois admettre que je ne suis plus la même. Qui pourrait l’être après avoir vécu autant de choses en si peu de temps.

Que dire de la déception et de la solitude… aujourd’hui j’ai pleuré non pas pour mon fils mais pour le comportement des soit disant amis. Je suis déjà tombé de haut en septembre, la fois ou je suis venue toute seule à Tana pour faire mon déménagement mais avec le départ de Yohann c’est encore pire. Je l’ai sans doute mérité, vu que je reste enfermée dans mes convictions et espérances. Mais qu’est ce que ça fait mal de se faire rejeter…. et de se sentir seule sans aucun être humain pour vous soutenir et essayer au moins de vous comprendre.

Et oui mon coeur s’est mis à nu et a mal. Pourtant les gens autour ne se rendent même pas compte du malheur qu’ils provoquent et du négatifs qu’ils apportent. Se faire poignarder fait très mal mais encore plus quand cela vient des soit disant amis.  Je n’ai sans doute jamais été l’amie idéale et c’est pour ça que je ne reçois que les retours… et pourtant je pensais avoir été présente dans l’écoute et l’attention quand les autres en avait besoin.

Je ne peux qu’élever ma voix, vers mon seul et véritable ami et confident, avec les psalmistes :

Psaume 55 :

Père, je te demande d’accueillir ma prière;
montre-moi ton visage, je t’en supplie.

 
Écoute-moi bien et donne-moi une réponse.
Je suis bouleversé et ne sais plus que penser
devant un monde qui veut me détruire
et m’imposer son incroyance,
un monde qui me tourmente sans cesse,
qui m’accable de ses colères.

 
Mon cœur étouffe sous la pression du Malin;
la frayeur me fait parfois redouter la mort;
je tremble de peur jusqu’au centre de moi
et la sueur me couvre tout le corps.

 
Alors, je voudrais m’envoler ailleurs,
me cacher dans un autre monde rassurant,
m’enfuir loin, très loin, dans un désert,
découvrir un refuge sans vent ni tempête.

 
Pour moi, vers Dieu j’appelle,
et le Seigneur me sauvera.

 
Père, regarde toutes ces chicanes,
ces divisions pour des mots mal compris.

 
Tous les jours, éclatent dans ma ville
des discordes et des violences;
la nuit comme le jour, elles courent dans les rues.

 
Des cœurs mijotent leurs mauvais coups
qui résultent, sur la place, en crimes et brutalités.

 
Et tout cela se produit même entre amis.
Entre ennemis, on pourrait le comprendre.
Qu’un adversaire triomphe de moi,
je pourrais toujours m’enfuir loin de lui.

 
Mais là, c’est un proche, un familier, un intime
avec qui j’échangeais en toute confiance,
que, même, je rencontrais dans la prière.

 
J’aurais envie de souhaiter qu’ils disparaissent,
qu’ils en soient punis pour le reste de leur vie,
car ils me semblent bien méchants.

 
Décharge ton fardeau sur le Seigneur,
il prendra soin de toi.

 
Moi, je mets ma sécurité dans mon appel au Père :
c’est lui qui prendra soin de moi;
matin, midi et soir, je lui ai raconté mes troubles,
il n’a jamais cessé de m’écouter.

 
Même quand je baignais dans les problèmes
ou que des gens m’obligeaient à me battre,
lui me gardait sain et sauf dans la liberté du cœur.

 
Il saura bien révéler leur pauvreté
à ces gens qui, depuis longtemps, font le mal.
Ils n’ont pas l’air de s’occuper de lui :
mais lui les aime depuis le début du monde.

 
Tu connais un homme qui trahit même ses amis,
qui profane son engagement avec le Seigneur ?
il a des paroles conciliantes
en même temps que son cœur veut détruire :
sa bouche est pleine de douceur
mais ses mains cachent des poignards dans son dos.

 
Ne prends pas sur toi de le supporter,
confie-le au Père: lui te réconfortera
car jamais il ne laisse tomber qui lui fait confiance.

 
C’est vrai, Père, tu sauras bien les ébranler
les gens qui mentent et font couler le sang;
un jour ils se verront devant rien,
ils découvriront que leur vie est ratée.

 

Qu’ils en viennent à compter sur toi
comme tu me donnes de le faire en ce moment.

 
Tu m’apprendras le chemin de la vie,
devant ta face, plénitude de joie.

 

AMEN…

 

 

 

12 janvier 2012… 2 mois

2 mois que tu es parti mon fils et en écrivant ce soir,  je suis à Tana là où nous avons emmené ton corps pour la dernière fois.

A cette époque là, j’étais dans ce même lit sauf qu’à côté il y avais ton petit corps sans vie enfermé dans cette boite en bois, nommée cercueil. La première veillée du jeudi, il n’y avait qu’une partie de la famille, toujours les mêmes têtes qui nous accompagnaient à chaque fois. Et ce soir là je me souvenais particulièrement que parmi mes 3 tantes qui étaient présentes, 2 avaient perdu des fils. Ce n’était pas un hasard à mon avis.

Mon Yohann tu me manques tant et malgré tout j’essaie d’avancer. Ton père et moi essayons de tenir bon et de se soutenir malgré les calomnies qui ne cessent de fuser de tous les côtés. Et nous nous sommes rendus compte que finalement nous n’étions que tous les 2 face à ton départ. Bizarre de refaire une vie à deux, en couple, après des mois passés avec toi.

Je crois que c’est la première fois depuis quelques années que nous nous sommes retrouvés seul tous les 2 en  simultanés, loin l’un de l’autre. Et on se rend compte que le vie continue… je culpabilise dès fois de moins penser à ta présence. Et pourtant il suffit d’un rien pour que je craque et que les larmes me montent aux yeux.

On me dit que je n’assume pas ta perte.. mais assumer c’est quoi? Si quelqu’un daigne bien me répondre à ce sujet en me disant ce que cela veut dire exactement.. est-ce vraiment différent de ce que je fais chaque jour qui survient? s’il y en a qui ont une réponse, je suis prête à écouter.

En attendant, je suis bien et je continue à être à peu près la même… enfin pas tout à fait car j’ai appris à trier et à ne garder que l’essentiel.

Je n’arrête pas de dire que j’ai hâte de te revoir et c’est la vérité. Tu ne pourras plus revenir et c’est moi qui te rejoindrai un jour, mais je prie pour ça arrive vite. Ce n’est certainement pas à moi de décider et j’accepterai les choses comme elles devront se faire, selon ce que Dieu décidera.

Bonne et heureuse année 2012….

Présenter les vœux, ça parait tellement banale maintenant que j’ai eu un peu de mal à trouver mes mots et écrire quelque chose.

Nous avons passé un très bon réveillon (merci à Régis et Laetitia) mais le passage à minuit a été un peu difficile. Les feux d’artifices de tous les côtés, les lâchés de lampions et la vue des enfants autour de nous nous ont bien émus. Nous étions un peu tristes et malheureux de ne pas avoir eu notre loulou avec nous pour voir tout cela. Pleurs et tristesses se sont succédé pendant un court moment et une fois que la tempête est passée, nous avons repris le dessus et continuer notre petit bonhomme de chemin.

Alors le 1er, je me disais que j’allais écrire quelque chose mais sans plus d’inspiration ni de motivation. Le lendemain pareil, sauf que j’ai reçu un merveilleux cadeau auquel je ne m’y attendais pas du tout.

Pour commencer l’année, nous avons reçu le témoignage d’une dame qui a connu l’histoire de Yohann à travers son blog et tout de suite quand j’ai lu son mail, je savais que c’était cette histoire qu’il fallait que je partage à tous ceux qui nous suivent depuis le début.

Une histoire pleine d’amour, de compréhension et où encore une fois la gloire du Père Céleste se manifeste.

Voici le message :

« Chers Julia et Jean-Charles,

Je me permets de vous écrire pour vous demander l’autorisation de publier un billet sur Yohann sur mon blog. Mon blog est privé, et je le diffuse surtout à ma famille et à des gens que j’aime.

J’ai écrit ce billet dans mon journal intime à la mort de Yohann, et je voudrai aujourd’hui le publier sur mon blog si vous le permettez. J’ai noté beaucoup de similitude dans nos parcours de vie, mon mari et moi sommes mariés depuis octobre 2009. Un mariage plein d’amour, auquel nous avons dédié un site Web. Et la maladie (mon cancer) est entrée en trombe dans notre vie fin août 2010. Et puis cette rencontre insensée avec le Christ, et les gens qui ne comprennent « pas trop ».
Voici l’article que je voudrais dédier si vous l’acceptez à Yohann :

Yohann Tokana…
Le petit garçon que l’Eternel veut voir grandir dans son Paradis céleste, auprès de Lui, s’appelle ainsi : « Yohann Tokana ».  Un attendrissant petit garçon, que l’on ne peut s’empêcher d’aimer…
Je n’ai pas eu le bonheur de le rencontrer lors de son passage de 13 mois et demi sur Terre, malheureusement. « Mais Dieu ne se trompe jamais »… Et je ne l’ai rencontré virtuellement que lorsqu’il était déjà parti au Ciel.
Mais Yohann et ses parents m’ont donné une grande leçon de Vie. Pendant 3 jours, j’ai été révoltée. Pourquoi Dieu n’a-t-Il pas guéri miraculeusement bébé Yohann ? Qui méritait le mieux un miracle de guérison, parmi nous tous les malades du cancer, si ce n’est ce bébé, qui aurait tant à vivre sur cette Terre ?
J’ai lu en long, en large, en travers le blog que ses parents lui ont dédié en notant  les similitudes. L’évacuation sanitaire depuis Madagascar à 15 jours de différence, cette impression d’une vie bousculée, d’être sans domicile fixe à défaut de l’hôpital, les chaînes de prières, l’attention des gens et le délaissement des autres, l’obligation de trouver un appartement et accepter bon gré, mal gré cette vie qui  s’impose à nous…et soudainement, dans ce tourbillon, trouver la paix et la joie du Christ dans notre vie.
Oui, j’ai lu en long, en large et en travers le blog de Yohann, remontant la chronologie de son histoire, regardant chacun de ses sourires… Et pourtant l’essentiel, inscrit en première page par sa Maman, m’est passé sous le nez. Il est vrai que tant que l’Esprit-Saint ne nous éclaire pas, on reste obstinément aveugle, le cœur fermé.  Et pourtant, tout était écrit noir sur blanc : « Expérimenter la puissance du Christ » car Dieu ne se trompe jamais. Les parents de bébé Yohann vivent dans la paix et l’amour du Christ, malgré le départ de leur enfant, ils ne se rebellent pas, ils n’ont pas claqué la porte ! Et avec une infinie confiance, ils ont dit « merci » à Dieu. Ils sont debout et ont confiance en l’amour que Dieu porte à Yohann et à eux-mêmes. «Car je connais les projets que j’ai formés sur vous, dit l’Eternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l’espérance » Jérémie 29:11-14.  Eternel, Tu portes et soutiens les parents de Yohann, et Tu connais parfaitement le destin auquel Tu les prépares. Gloire à toi, Père, et avec un cœur réellement reconnaissant, merci !
Les parents de Yohann rendent un témoignage fort et vivant, que l’adversité n’est pas un signe de défaillance de l’amour de l’Eternel. Ils nous montrent que même dans l’épreuve la plus dure (la perte d’un enfant), une confiance pleine dans l’amour de l’Eternel fait toute la différence et permet de connaître cette paix promise par le Christ. Oui, en 5 mois et demi, les parents de Yohann ont réussi ce que certains n’arrivent pas à faire en l’espace d’une vie entière : se rapprocher de l’Eternel avec un cœur tellement confiant qu’ils Lui disent sincèrement « merci », merci pour la maladie et merci pour Yohann. Ils ont pour eux cette paix qui témoigne de la présence réelle du Christ dans leur vie, et la relation avec Dieu, c’est cette paix indescriptible que seule l’action de l’Esprit Saint peut apporter.
Oui, la vie terrestre de Yohann a été brève. Cependant, il est Lumière et est source de vie. Gloire et louanges à l’Eternel, et que Yohann continue à être témoignage d’amour et de foi pour tous ceux qui entendront son histoire. Que Dieu bénisse ses parents, qui ont eu la joie d’accueillir cet Ange dans leur vie. »

Alors en ce début d’année, nous vous souhaitons à tous de trouver et de rencontrer celui qui a bouleversé notre vie, son nom c’est Amour, Grâce, Vérité, Paix, Sérénité et toute autre bonté inexplicable. Si vous accepter qu’il agisse en vous par sa grâce alors toutes ces choses vous seront accordé sans condition.

Bonne année à tous.

 

Noël 2011

25 décembre, Yohann aurait eu 15 mois aujourd’hui s’il était encore resté physiquement avec nous. Nous avons passé en tout et pour tout un noël ensemble, c’était l’année dernière.

A cette époque là, je me souviens ne pas m’être souciée de ce qui arriverai le noël prochain, je ne me posais même pas la question s’il y en aurait ou pas, c’était évident pour moi que noël 2010 n’était que le début d’une longue lignée que nous allions fêter avec notre fils. J’étais si heureuse d’ouvrir les premiers cadeaux que nous lui avons offerts… prendre des photos au matin à son réveil et lui montrer le sapin… que de beaux souvenirs.

Aujourd’hui je pensais que plus jamais je ne passerai un bon noël mais Dieu à travers Yohann m’a montré le contraire. Encore une fois ce qui devait être des jours tristes, ternes et moroses se sont transformés en journée de bonheur, de partage, d’apprentissage et surtout d’AMOUR.

J’ai appris à grandir en moi-même à regarder ce qui est vraiment essentiel… toujours et encore cet AMOUR.

Hier soir nous avons passé le réveillon de noël avec nos amis à la Réunion et j’ai vraiment ressenti quelque chose de beau et de merveilleux. Au-delà de toute différence, aussi bien culturelle que religieuse, nous étions là tous ensemble à prier et méditer pour dédier une pensée à notre petit Yohann.  Au-delà de toute sorte de clivage et le blocage individuel, nous avons posé les « armes » en quelque sorte pour laisser place à ce moment de bonheur, de magie et d’AMOUR. J’en ai encore les larmes aux yeux en y pensant et en me rappelant ces moments. Nous étions des chrétiens, des hindous et des musulmans…

Hier matin je pensais que mon plus beau noël, je l’avais déjà eu avec Yohann l’année dernière mais en fait je me rends compte que non. L’année dernière je pensais juste quand je me disais que ce n’était que le premier d’une longue série. Différemment maintenant car il n’est plus là physiquement mais il sera toujours parmi nous et nous vivrons encore de beaux moments de noël. Et il continue encore à nous montrer que tout être humain mérite d’être aimé et d’être respecté, peu importe sa race et sa couleur, sa religion et ses croyances.

Une phrase que j’ai emprunté à l’église Hosanna : Aimons les gens jusqu’à ce qu’ils demandent pourquoi… aujourd’hui je pense avoir compris une partie.

Je dédie ce message à toute ma famille à Madagascar même s’ils sont loin de moi physiquement, je pense à eux et je me rends compte que je les aime. A mes amies et amis, ceux et celles qui me comprennent mais aussi ceux et celles qui ne me comprennent pas du tout, à ma famille partout dans le monde croyant ou non croyant, chrétien ou pas chrétien… je vous aime et je profite de ce beau moment de noël pour vous le dire car demain sera trop tard. C’est maintenant le plus important et le plus beau moment à profiter.

Nous avons reçu beaucoup de message aujourd’hui de gens qui pensent à nous, qui compatissent car c’est vrai que dans les moments de fête comme ceci, la nostalgie et le manque se font encore plus ressentir. Et oui, nous avons eu notre lot de pleurs et de manque mais aussitôt comme à chaque fois, nous nous connectons à Dieu et tout va bien.

A propos de ces messages donc, il y en a 3 en particuliers qui me touchent profondément et qui reflète encore une fois la continuité de la « magie » ou le « miracle » de la vie de Yohann.  Merci à Nicolas, Thaïs et Valérie…

En jour de noël je voudrais bien si vous le souhaitez (vous qui lisez le message en ce moment) qu’on passe un petit moment de répits pour sentir cet AMOUR , que ceux qui croient en un Dieu unique et créateur le remercie, que ceux qui ne croient pas ouvre leur cœur juste une fois et que ceux qui nous ne aiment pas ressentent juste ceci : vous aussi vous méritez cet AMOUR.

Bon noël à tous

Des hauts et des bas…

Beaucoup de choses se sont passés depuis de départ de Yohann. Sans même me rendre compte, nous sommes déjà le 7 décembre. Le mois dernier à la même date on ne se doutait même pas que Yohann partirai dans la semaine même.

Nous avons eu des hauts et des bas comme on le dit souvent, seulement la différence avec les autres si je peux m’exprimer ainsi c’est que les ‘bas’ ne durent jamais longtemps. Dieu a toujours cette force et présence de nous secourir à chaque fois qu’on manque de tomber. Nous ne sommes ni des ‘superman ou superwoman’, nous sommes juste de chrétiens vivant dans la foi et cela fait beaucoup de différence dans la situation que nous vivons. Le texte ci-dessous illustre parfaitement l’état d’esprit que le Tout Puissant met dans nos cœurs pour qu’on puisse avancer et voir au delà de la pire réalité qui existe.

Je parle bien ‘qu’il met dans nos cœurs’ car ni l’intelligence humaine ni les psychologues ou psychothérapeutes ne pourront nous imposer et nous guider quoique ce soit face à ce que l’on qualifie d’inqualifiable, ce que l’on définie comme inimaginable : la perte d’un enfant. D’ailleurs nous ne suivons aucune thérapie ni de consultations, ni rien de tout ça.

Dimanche après midi nous étions allé à la plage et je voyais des mamans avec leur petit bout de chou nager et jouer dans la mer… j’étais heureuse d’avoir été là bas et d’avoir pu voir leur joie et leur bonheur. Mais au même moment je ne pouvais m’empêcher de penser à mon petit Yohann. J’ai tellement rêvé de pouvoir l’emmener à la mer, de jouer avec lui dedans et je sais que physiquement, je ne le peux plus maintenant. J’ai passé la fin de journée à être triste et pas bien. J’avais très très mal rien que de penser que je ne sentirai même plus son petit corps dans mes bras.

Heureusement, j’ai de nouveau ressenti la main d’amour de Dieu qui venait me réconforter et me relever après que je me sois confiée en lui dans ma prière. Il me fait comprendre que là où est Yohann il y a beaucoup mieux que la mer terrestre et qu’il ne souffre plus.

Aujourd’hui je n’ai plus ni l’envie ni le besoin de me justifier de quoique ce soit sur ma foi et ce que je crois. Je le vis et je le vis très bien. Que celui et celle qui veut me croire le fasse et si un jour ils voudront connaitre cette joie, paix et sérénité, je leur offrirai volontiers la réponse. La seule réponse valable et réelle car nous l’avons vécu et l’avons ressentie. Jésus dit : « Je suis le chemin, la vérité, et la vie. » et « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. »

Et nous concernant aussi bien JC que moi, il nous a réellement donner la vie de paix aussi visible et palpable que le soleil et le vent sur ma peau.

Voici le texte de Christiane Pfender
Réflexions : Les bénédictions. Source : Lueur, www.lueur.org

Un vieillard et son fils vivaient dans les régions de l’extrême Nord de la Chine. Un jour leur cheval quitta l’étable et s’enfuit. Les voisins vinrent trouver le vieillard pour lui exprimer toute leur sympathie, car c’était le bien le plus précieux que le vieillard possédait. Mais le vieil homme leur demanda : « Comment pouvez-vous dire que c’est un malheur ? » Quelques jours plus tard, le cheval revint, suivi de plusieurs chevaux sauvages. Les voisins revinrent et félicitèrent le vieillard pour cette aubaine. « Comment pouvez-vous dire que c’est une chance ? » répondit le vieillard.

Puisque son père était à la tête d’un troupeau de chevaux, le jeune garçon apprit à monter à cheval ; un jour, il tomba et se cassa la jambe, et en resta légèrement estropié. Les voisins vinrent de nouveau présenter au vieillard l’expression de leur sympathie. Le vieillard, imperturbable, leur dit : « Comment pouvez-vous dire que c’est un malheur ? » L’année suivante, la guerre éclata ; tous les jeunes gens du pays furent envoyés au front et il en mourut un grand nombre. Mais le fils du vieillard, parce qu’il était estropié, ne partit pas à la guerre et échappa donc à la mort.

Les voisins du vieillard comprirent alors que la chance porte en elle la malchance et la malchance porte en elle la chance et que, par conséquent, bonheur et malheur sont en eux-mêmes incertains.

Cette histoire vous semble peut-être faire preuve d’un grand fatalisme. Elle illustre un proverbe qu’on utilise couramment : « A quelque chose malheur est bon. » Comporte-t-elle un élément biblique ?

Deutéronome 23.5 dit : Pour vous le Seigneur a changé la malédiction en bénédiction, parce qu’il vous aime. » Et dans Daniel 2.21, on lit : Béni soit le nom de Dieu… c’est lui qui change les temps et les circonstances.

Le vieil homme de l’histoire avait cette forme de sagesse qui sait voir au-delà des choses visibles ; nous avons, nous chrétiens, cette grâce de pouvoir lui donner un nom.

Que l’Amour de Dieu éclaire et touche votre cœur…

Yohann tu as été un Don du ciel..

Voici le texte de la chanson que Hanta a dédié pour Yohann

Don précieux du Dieu d’Amour,
Il veillera sur toi, pour toujours,
Tu  grandiras, tu t’épanouiras sous Ses Yeux,
Il pourvoit, pour toi, dans les cieux.

Dans la louange et la prière, nous t’entourons,
Avec  ta vie et ton bonheur,
Oui, nous vivrons.

Don précieux du Dieu d’Amour.

Et effectivement Yohann a été un vrai cadeau du ciel, nous l’avons tellement désiré et aimé. Nous avons eu un ange parmi nous et il est parti en nous laissant de grandes leçons de vie et d’amour. Il a permis à son père (en premier),à moi également et à d’autres de se rendre compte d’une nouvelle réalité de vie.

Une amie nous a dit ce matin que le prix à payer était trop cher.. seulement l’amour n’a pas de prix et si la courte vie de Yohann permet de sauver et d’aider ne serait ce que ses parents, je trouve que c’est déjà pas mal comme résultat. D’autant plus que nous sommes persuadés que d’autres résultats vont encore arrivés. Après tout nous ne sommes que de passage sur terre, le vrai trésor est ailleurs. Nous investissons maintenant dans l’éternel.

Premières photos dernier voyage à Madagascar…

La plus grande vérité que l'on puisse apprendre un jour c'est qu'il suffit d'aimer et de l'être en retour

 

 

 

 

Arrivée du corps de Yohann à Madagascar.

 

Notre vol s’est bien passé et nous avons atterri à Madagascar hier soir à 20h11 heure locale. Nous avons été reçu comme des ministres, il y a même un ami qui nous a dit qu’il avait l’habitude avec les hauts dignitaires et pour lui nous étions des hauts dignitaires, j’ai juste rajouté ‘’ du Seigneur’ ‘ alors.

Que c’est bon de vivre avec Dieu et d’avoir une relation d’Amour avec lui. Je sui tellement bien que j’ai envie de hurler au monde entier ce qu’il a fait pour moi, pour Yohann et pour Jean-Charles.

Les gens doivent hallucinés, d’ailleurs je crois que hier soir il y en avait qui devait être choqué ou estomaqué par nos attitudes tellement nous sommes arrivés radieux et en paix. Et cela grâce à Dieu et ce qu’il a opéré  et continue à faire en nous. Tout le monde était triste et avait une tête d’enterrement, vous allez me dire c’est normal… seulement moi et JC étions vraiment en décalage par rapport à eux de part ce que notre Père Céleste met en nous. Une très grande amie m’a juste dit pour me rassurer et ne pas culpabilier (ayant elle-même vécue la même situation) ‘’ ne t’inquiètes pas peu importe ce que les gens pensent dans des situations pareilles personnes ne peut  faire semblant ni jouer la comédie face à la perte d’un enfant’’.  Des fois plus que des mots, des actes et attitudes parlent et touchent plus.

Nous avons passé la première veillée avec une petite partie de la famille. Au début je n’ai même pas fait attention mais en fait je me suis rendue compte que c’étaient les mêmes qui étaient venus dire au revoir à Yohann et nous accompagner à l’aéroport la dernière fois que nous étions venus pour son anniversaire. Et nous avons livré notre premier témoignage auprès d’eux et au moment où je parle Dieu me met en cœur en fait que c’étaient 2 familles qui avaient eux même vécus la perte d’un bébé, une de ces tantes en a même perdu 3… pour vous dire que tellement ça doit être encore douloureux en eux de revivre cette situation. J’ai essayé de leur livré ce que nous avons vécu avec Dieu. Oui Dieu délivre et efface toutes les douleurs, non pas pour 1 semaine, 1 an, ou un délai déterminé, non c’est pour la vie. Il n’y a plus rien, juste le doux et meilleur souvenir d’un enfant aimé et aimant.

Nous avons regardé une partie des vidéos que j’ai faites de Yohann quand il était encore bébé et en pleine forme, et je peux vous assurer que j’étais si heureuse de les revoir. Ce n’était surtout pas du paraitre et ou pour faire semblant et pour dire je les regarde pour me réconforter, non juste pour le plaisir de se rappeler de mon enfant quand il était sur terre avec nous. Car aujourd’hui  JC et moi avons la certitude, et je pèse mes mots, nous sommes certains qu’il est auprès de Dieu et heureux comme tout J

Ce matin au réveil je reçois l’histoire de la résurrection du christ qui raconte le jour où les femmes  venaient s’occuper de son corps 3 jours après sa mot. Elles pleuraient et il leur dit ‘’femme pourquoi pleures-tu’, il n’est plus ici. Et c’est ce que nous sommes entrain de vivre, pourquoi pleurer, Yohann n’est plus ici ce n’est que son corps terrestre.

Vous qui êtes entrain de lire l’histoire de Yohann, notre histoire sachez que ce n’est point un hasard… Dieu vous parle à travers ce que nous avons vécu, il vous dit ‘Il y a de l’espoir’… je suis cet espoir là et si vous venez à moi et que vous acceptez mon appel, je vous donnerai le repos et la paix du cœur éternel.

Voici son message :

 

Si la vie d’ici bas t’as déçu
Si les gens semblent fuir très loin de toi
Si tu es déprimé et lassé,
Ne désespère pas car Jésus Christ est là

Remettez-à moi tous fardeaux
je vais m’en charger à dit Jésus Christ
Rapportez-à moi vos soucis
en retour je vous donnerai la paix cœur

Yohann nous a tellement donné de l’amour, de la joie que nous ne pouvons que remercier Dieu de tout ce que nous avons vécu avec lui.

En plus il a rassemblé et réconcilié tellement de gens que nous ne pouvons qu’en être fier. Il est vraiment UNIQUE (TOKANA) et nous sommes si fiers de lui.

 

 

 

Veillée et céremonie pour Yohann

 

 

 

Merci pour vos messages de réconfort et d’amour…

Expérimenter la Puissance du Christ

 

Aujourd’hui je remercie le seigneur de nous avoir donné à moi et Jean-Charles sa force et sa paix pour affronter cette dure épreuve. Nous allons bien et sommes en paix et en confiance. Cela ne vient pas nous, ni de notre imagination, ni de notre volonté et encore moins de notre force de caractère car nous sommes Parents… je suis une mère et voir son enfant partir et emporté par la mort est la pire des choses qui puissent arriver.

Seulement depuis la nuit où nous avons accepté de laisser partir Yohann dans nos prières, nous sommes sereins et avons l’assurance qu’il est auprès du Père maintenant. Nous avons donc passé un weekend tranquille d’autant plus que notre ami et pasteur missionnaire Alex Châteaux est venu nous rejoindre pour rester avec nous et partager nos douleurs.

Ce matin, cependant, le réveil a été plus dure, mes pieds trainaient et les doutes et malheurs sont revenus, et cela aussi bien pour moi que JC. Alors je me suis dis dans ma tête ça y est, le fameux ‘contre-coup’ est arrivé. Je pleurais et n’arrivais plus à avancer, toute ma force et mes convictions se sont envolées comme si le samedi et dimanche n’étaient qu’un doux passage d’inconscience. Je suis partie pour me recoucher et pleurer toutes les larmes de mon corps pour la journée. Et là Jean-Charles est venu me voir et m’a dit ‘prions’. Et là nous avons prié et demandé que Dieu nous renforce à nouveau… et il l’a fait. Nous sommes revenus dans l’état qu’il nous a mis depuis de départ de Yohann, c’est à dire bien et en paix avec SA FORCE. Gloire à Dieu Tout Puissant.

Hier soir encore avant de me coucher, je me suis demandé si j’étais une bonne maman car je ne pleurais même pas le départ de mon enfant. Les quelques personnes qui sont venus nous apporter leur soutiens et réconfort étaient, je dirais presque choquées par mon état car je les ai reçu avec le sourire et la sérénité. Du coup je me suis posée la question sur mon état.

Mais maintenant je peux vous dire que les quelques minutes que j’ai passé ce matin, et JC aussi d’ailleurs, que le Seigneur a permis de survenir, m’a remis en place mes idées et je sais maintenant de quoi je parles. Ce n’est que durant ces quelques temps ce matin que  j’ai ressentie vraiment la douleur, le hurlement du cœur, l’incompréhension, la colère, l’amertume, l’incapacité d’avancer et de penser à quoi que ce soit, juste l’état d’une maman qui a mal et peinée d’avoir perdu un enfant.

Heureusement Dieu Fait Grâce (signification su prénom Yohann) et il n’a pas permis que nous restions dans cet état de ‘mort’ trop longtemps, juste ce qu’il faut pour qu’il nous montre combien il a vaincu tout ça et il nous délivre de l’abîme. Et il l’offre à quiconque qui accepte son aide et l’alliance qu’il propose.

Nous sommes convaincus maintenant moi et JC que toute cette histoire n’est pas le fruit d’un quelconque hasard, que ça rentre parfaitement dans un plan divin conçu pour un avenir meilleur et de salut pour la Gloire de Dieu.

 

 

 

Notre petit Yohann est parti…

 

Yohann nous a quitté ce matin à 6h00 dans les bras de maman et papa…. Il était serein et en paix et les parents aussi.

Que La Gloire soit à Dieu Tout Puissant. Merci de nous avoir donné Yohann pendant ces 13 mois et demi.

Au revoir mon petit garçon, nous te garderons toujours dans nos cœurs.

 

son départ....

Notre petit ange a pris son envol…

Il est 6h50. Je suis seule dans cette chambre d’hôpital et Yohann qui est sur le lit qui git à côté sans plus la moindre souffle.
Il est parti ce matin à 6h dans mes bras et à côté de son papa. Nous avons passé une nuit certes difficile mais réconfortante.

Il a commencé à être de plus en plus fatigué et on lui administrait des petites doses de médicaments pour le soulager et éviter qu’il ne stresse trop. Jusqu’à la fin il s’est battu…

Nous sommes en paix et sereins aussi bien JC que moi car nous l’avons confié à notre Père Céleste. Nous savons maintenant qu’il est dans un monde meilleur.
J’ai lu mardi matin un témoignage sur ce qu’est le paradis et déjà à ce moment à Dieu me prépara pour accepter de le faire partir.

Je n’arrive pas encore à imaginer que je ne l’aurais plus à côté de moi quand je tapoterai cet iPad. iPad qu’il a tant aimé et adoré jouer avec.

Nous avons prié toute le nuit, l’avons remis à Dieu et nous avons fini par accepter sa volonté.
Il partait doucement à nos côtés, on s’est remémoré toutes les histoires que nous avons vécues. Des merveilleux moments de joie, et de sourire. Et nous pouvons dire qu’il a bien vécu. Il aura vécu 13 mois mais c’était tellement intense que nous avons l’impression que ça a duré des années.

Je suis en paix et forte et cela Grâce à Jésus. Il nous a mis dans nos cœurs cette joie et paix intérieure impossible à définir tellement rien ne peut nous la donner ainsi. Il est parti en paix rejoindre un monde sans pleures ni souffrance ni maladie.

Notre petit ange a pris son envol….

J’ai longtemps prié pour sa guérison, même encore 1 h avant son départ mais la véritable guérison que nous avons reçu c’est notre foi à moi et JC qui a grandit dans cette épreuve. Nous connaissons maintenant qui est notre Dieu et nous continuerons à le servir et à témoigner son Amour.

Et oui c’est la plus grande victoire et nous la dédions à Yohann.

Merci Seigneur
Merci mon Dieu pour Yohann
Merci pour sa vie
Merci pour sa maladie
Merci pour ce que nous avons vécu
Merci pour son départ
Merci pour la foi que tu nous donnes
Merci pour la force et ta paix que tu mets en nous…

Le début de la fin selon les médecins

 

Hier soir nous étions sorti mangé dehors avec JC, on était loin de se douter que la journée allait faire partie des plus angoissantes qu’on aurait jamais vécue. La nuit a été difficile pour Yohann. Il a de plus en plus de mal à s’en sortir de sa crève. Ce n’est que viral mais vu son état il n’arrive plus à se défendre tout seul…  un autre enfant l’aurait évacué de lui même. Ce matin donc son état était jugé critique par le médecin. On arrive à la fin selon eux.
Ils pensent que sa maladie est entrain de gagner de la place et ne l’aide pas du tout. Il a des problèmes de vue, son œil qui était valide est complètement figé maintenant et l’autre ne fonctionne plus.

Les options sont restreints comme d’habitude. On pourrait l’entuber pour l’aider à respirer mieux mais on rentrerait dans un cercle vicieux où il ne s’en sortirait plus. Et on passerai en réa. Selon le médecin il n’y a pas intérêt à s’acharner dessus car cela n’apporterait que de l’inconfort en plus pour Yohann. Les heures sont donc comptés.

Et je suis perdue je ne sais plus quoi penser. Depuis 2 h on lui passe un médicament qui l’endormira un peu plus et ainsi il souffrira moins et sera moins paniqué du fait du manque d’oxygène. Il dort a côté de moi pour le moment. Et il restera ainsi jusqu’à ce que ses réserves lâchent.

Faut-il admettre le pire et le laisser partir? Nous avons dit oui moi et JC à cette alternative. C’est dure en tant que parents de devoir le dire mais ça y est nous avons accepté. Si telle est la volonté du Père, on est d’accord. Nous lui avons dit au revoir, et lui avons donné des mots de réconforts le reste ne nous appartient plus.

Nous avons eu des moments magiques avec lui. Je ne sais même plus quoi écrire tellement c’est intense. Je suis en paix et heureuse je sais que s’il part je le retrouverai. C’est ma foi et ma conviction. Au moins il sera dans un monde meilleur, sans souffrance et sans peine.

Maintenant je suis entrain de me dire que si demain matin il est encore là je continuerai à me battre et à croire pour guérison.

Je ne sais pas ce que Dieu est entrain d’attendre de notre part mais de toute façon nous avons tout remis entre ses mains, et ma foi me laisse dire que Jésus a même ressuscité des morts donc pour lui rien n’est impossible. Un mot et tout ça peut être fini s’il le voulait. Mais nous avons aussi accepté que s’il ne voulait pas que ça se passe ainsi nous continuerons à le croire et à le servir.

Que ta volonté soit faite Père. Car ta Grâce nous suffit.

Et j’en reviens au tout début la signification du nom de. Yohann : « Dieu fait Grâce ». Et c’est ce que nous sommes entrain de vivre. Il nous a tenu par sa Grâce et nous a donné cette force et cette paix.

Que j’aime mon Dieu. Il est si bon malgré qu’on soit de pêcheurs indignes. Heureusement que son Amour est là pour nous couvrir de sa bonté.

Yohann est notre bénédiction. Jusqu’à encore aujourd’hui il nous montre sa force et son courage. Malgré qu’il ne soit pas bien et dans un état de fatigue il nous a quand même illuminé par son rire, son intelligence et son amour.

J’ai remarqué que depuis qu’on est de nouveau dans se service il sentait ce qui allait se passait. Et il nous a encore montré que lui de son côté a accepté les choses comme elles sont.

 

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