Après l’annonce de la mauvaise nouvelle le lundi 19 septembre nous avons décidé avec JC de partir à Tana pour fêter l’anniversaire de Yohann en famille et de faire un petit break pour digérer tout ça. Nous avons passé 10 jours mémorables et avons profité au maximum pour recharger les batteries qui étaient un peu à plat . L’anniversaire d’ Yohann s’est bien passé et nous en garderons à jamais un souvenir doux et agréable.

Nous avons repris l’avion ce matin pour revenir a la Réunion et ce soir moi et Yohann sommes déjà à l’hôpital. Le retour à la réalité est terrible et terrifiant. Hier encore et toute la semaine nous avons vécu des instants de bonheur et de vie avec nos familles et nos amis et cet après midi dans la voiture, la réalité nous a vite rattrapé sur le chemin de l’hôpital.
Même Yohann sentait qu’on était si triste mais seulement nous n’avons pas trop le choix.

D’un commun accord nous allons commencer demain le traitement palliatif, nous verrons ce que cela va donner d’ici 3 semaines.

Quelque part le retour a la Réunion signifie l’attente de sa mort en tout cas si on s’en tient au verdict des médecins.

Mais j’ai envie d’y croire encore… Que rien n’est fini et que ce n’est pas encore perdue mais est-ce raisonnable? Est ce réaliste? Je ne sais pas mais la seule chose qui me pousse à écrire et à avancer c’est le cœur d’une mère qui n’a pas envie de perdre son enfant, ni de l’enterrer ni de le voir souffrir.  Le cri de ma souffrance ne suffirait-elle pas à apaiser la douleur? Je ne trouve même plus les mots pour partager ce que je ressens. Voir mon mari souffrir autant, et penser a mon enfant qui est condamné, je crois qu’aucune souffrance n’équivaut à cela…

Je tente de garder la tête hors de l’eau mais il y a de moments où je manque de me noyer. Et je me dis que dès fois ce serait peut être plus simple.  A quoi bon tout ça servirait?
Et si tant est que nous connaissions la raison du pourquoi et du comment, serions nous pour autant apaisés et d’accord? Je mentirai si je répondais oui… Ma nature égoïste reprend le dessus, j’ai envie de garder mon enfant, de le voir grandir et de m’appeler maman… Que celui qui n’a jamais péché me jette la première pierre.

Étant chrétienne convertie je me pose souvent des tonnes de questions. Pourquoi tant de souffrance? Qui de toute façon entrainent des doutes inévitables.  A quoi bon continuer ?

Je disais a une amie (qui se reconnaitra) que quelque part j’ai trouvé dans la prière un moyen d’échapper à la souffrance et une raison à tout ce qui arrive. Elle me répondit que j’ai de la chance car pour certains la religion aurait tendance à les agacer dans pareilles situations.
Alors je médite en moi et me demande en fait quelles sont mes véritables motivations dans mes prières.  Est-ce réellement l’amour pour mon fils ou mon égoïsme face a la situation pour m’en sortir au plus vite?

Le simple fait d’y avoir pensé me condamne déjà et me trahit. Oui j’ai honte de penser ainsi et d’y avoir même songé mais heureusement Mon Dieu lui ne me condamne pas.
C’est pour ça que je l’aime et que je peux compter sur lui… non pas parce que c’est une chance mais parce que c’est un choix.

C’est grace à son amour que je suis encore là et que je peux encore me tenir debout face à cette situation aussi dure soit elle.

Je suis faible et par lui et grace à lui je suis forte.